Le Pays d’Avre, Eure et Iton s’étire entre le plateau du Thymerais, les vallées creusées par l’Avre, l’Eure et l’Iton, couvrant plus de 80 communes autour de Dreux, Verneuil d’Avre et d’Iton, et Nonancourt. Les distances sont réelles, les reliefs marqués, les centralités historiques (marchés, bourgs, gares) souvent décalées des zones d’habitat dispersé. La voiture individuelle est devenue le mode dominant (source : Insee, Observatoire des mobilités, 2019), mais d’autres solutions se développent ou persistent, héritées pour certaines des usages d’autrefois.
Les bourgs principaux comme Verneuil-d’Avre-et-d’Iton, Nonancourt, Saint-Lubin-des-Joncherets, ou Breteuil, concentrent une part significative des services : collèges, lycées, maisons de santé, certaines administrations, mais aussi gares et quelques pôles d’échange. Dans les villages alentours, la vie quotidienne se structure autour d’écoles primaires, de commerces rares, de relais associatifs ou de marchés, autant de points d’appui pour la mobilité.
La présence de la ligne de Paris à Granville, qui traverse le nord du territoire, est historique. Gares principales à Verneuil d’Avre et d’Iton, Nonancourt et Tillières-sur-Avre, desservies par la ligne Intercités Paris-Granville (SNCF TER Normandie), dessinent un axe Est-Ouest structurant.
Le train reste la meilleure solution pour les déplacements vers les grands centres (Paris, Dreux, Argentan), mais aussi pour relier entre eux certains bourgs du territoire. L’offre, limitée le dimanche et en soirée, suppose d’organiser ses déplacements en amont.
À la différence des grandes régions urbaines, le Pays d’Avre, Eure et Iton dispose d’un réseau de cars public structuré mais limité en fréquence. Le réseau Nomad Car (lignes 23, 27, 31, 36, 42) relie les principales communes à Verneuil, Dreux, Évreux ou L’Aigle. En semaine, les horaires sont davantage adaptés aux lycéens, collégiens, salariés. Le territoire est aussi traversé par les autocars interurbains du réseau régional d’Île-de-France autour de Dreux.
| Ligne | Principaux arrêts | Fréquences |
|---|---|---|
| Nomad 31 | Évreux – Verneuil – Breteuil – L’Aigle | 4 à 6 allers-retours/jour (sauf dimanche) |
| Nomad 36 | Verneuil – Nonancourt – Dreux | 2 à 4 allers-retours/jour |
| Nomad 42 | Nonancourt – Saint-Lubin – Brezolles | Surtout scolaire et dimanches/foire |
Nous avons remarqué que l’accessibilité aux arrêts est changeante : certains sont situés en cœur de village, d’autres à l’entrée de bourg ou sur des axes routiers. Le temps d’attente et la réserve de places peuvent exiger de l’adaptation, surtout lors des retours de marchés ou en période scolaire.
Dans de nombreuses communes, en particulier hors axes principaux, le transport à la demande complète l’offre régulière. Le dispositif Transport à la Demande (TAD) d’Evreux Portes de Normandie, étendu à une partie du Sud de l’Eure, propose, sur réservation, un service porte-à-porte ou arrêt-centré, accessible sous conditions, avec réservation préalable souvent la veille.
On trouve aussi sur le terrain des initiatives associatives de transport solidaire. Par exemple, l’Accompagnement Mobilité Solidaire (Département d’Eure-et-Loir), organisé via les CCAS ou des réseaux associatifs, offre des possibilités de covoiturage bénévole pour courses, rendez-vous médicaux, démarches administratives (sur inscription). Celles-ci reposent sur la force du lien social rural : un voisin, un bénévole, un ancien commerçant qui “fait le tour“ du canton pour aider à la mobilité des autres.
Avec la dispersion géographique, le covoiturage répond à des usages locaux, souvent plus spontanés qu’organisés par plateformes institutionnelles. Certains points relais (gares, marchés, boulangeries de villages) deviennent espace de rencontres informelles pour partager une voiture, aller ensemble à Dreux, à Evreux, ou sur les différents marchés du territoire.
Des initiatives comme Blablacar existent à l’échelle régionale, mais l’usage familial, professionnel ou associatif reste dominant. Quelques communes testent ou relaient des dispositifs de “lignes de covoiturage” organisées (sites comme Mobicoop, Covoit’ici), notamment lors d’événements, de festivals ou de foires.
En pratique, le covoiturage s’appuie sur la confiance, la connaissance des gens d’ici, la régularité (rendez-vous médicaux, travail en horaires réguliers, trajets marché) et la tradition du “coup de pouce” entre voisins.
Si la marche fut jadis le mode principal de déplacement, elle garde aujourd’hui toute sa pertinence pour les trajets courts, vers l’école, l’église, le marché, ou pour les promenades. De nombreux villages du pays ont conservé des chemins ruraux, sentes, et rigoles qui relient quartiers, hameaux et bourgs voisins. Par exemple, entre les vallées de l’Avre et de l’Iton, des circuits balisés permettent de rallier les bourgs en 30 à 50 minutes à pied.
La topographie vallonnée, surtout entre Nonancourt, Verneuil, Breteuil, a longtemps limité l’usage quotidien du vélo. L’essor du vélo à assistance électrique (VAE) change la donne, notamment pour les pendulaires sur des distances de 10 à 15 km entre villages et bourgs. Quelques collectivités proposent des prêts longue durée ou des aides à l’achat (ex : Agglomération du Pays de Dreux, Département de l’Eure).
Pour les plus jeunes, l’usage du vélo reste très vivant pour rejoindre les écoles primaires, les aires de jeux ou les terrains de sport, du Printemps à l’Automne.
La dispersion des équipements rend l’accès aux services essentiels une véritable question de mobilité. Plusieurs solutions ont vu le jour, combinant déplacements individuels, transport à la demande et médiations mobiles.
Loin d’être un territoire “sous-équipé”, le Pays d’Avre, Eure et Iton invente et adapte en permanence des solutions concrètes pour faciliter la vie sans voiture. L’alchimie des transports publics, de la marche, du vélo, du covoiturage et des réseaux d’entraide compose un écosystème subtil, conditionné par l’histoire, la géographie, l’attachement aux lieux et la solidarité. Ce sont ces usages hybrides, mêlant innovations modestes et traditions, qui rendent la mobilité possible, sans l’uniformité du tout-automobile.
Le principal atout de ce pays réside dans sa capacité à mobiliser toutes les ressources, qu’elles soient institutionnelles, associatives ou purement relationnelles. Marcher, prendre un car scolaire en période creuse, utiliser la gare comme un seuil vers de nouveaux horizons, organiser une tournée de services ou partager un vélo électrique : autant de gestes qui dessinent une autre manière d’habiter le territoire, de le parcourir et d’en révéler la richesse, bien au-delà des contraintes imposées par l’absence de voiture.
Pour aller plus loin, il existe plusieurs sites ressources à explorer :
Ce territoire n’impose jamais un seul chemin. Il invite à chercher, à faire confiance à l’ingéniosité locale, à renouer avec la beauté des parcours partagés. Les solutions naissent de l’écoute des villages, de la rivière, et de celles et ceux qui les habitent aujourd’hui.
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