Sur la carte, le Pays d’Avre, Eure et Iton se dessine au fil des rivières, des vallées et des chemins de traverse. Une terre de bourgs, de petits villages, de campagnes parfois isolées, où chaque saison rappelle l’importance d’un tissu local solide. Ici, la santé et les soins ne sont pas de simples services, mais une trame essentielle du quotidien – à la fois discrète et vitale, héritée d’une histoire rurale et sans cesse réinventée à l’échelle de nos vies d’aujourd’hui.
Mais comment fonctionne concrètement l’offre de santé sur ce territoire que l’on appelle aussi, selon les usages administratifs, le Sud de l’Eure ou le Pays de Verneuil-sur-Avre ? Quelle place pour les médecins, les infirmiers, les hôpitaux, mais aussi pour les initiatives locales, la prévention, les spécificités de la vie en campagne ? Prendre la mesure de tout cela, c’est aussi mieux comprendre les forces et les fragilités de la région, bien au-delà des chiffres.
Le Pays d’Avre, Eure et Iton épouse deux grandes vallées et une mosaïque de villages, regroupant un peu plus de 60 000 habitants (recensement INSEE, 2020). L’offre de santé y est organisée autour de plusieurs pôles, souvent complémentaires, parfois en tension face aux défis du vieillissement, des déserts médicaux ou de la mobilité.
Qui habite la Vallée de l’Avre l’expérimente : obtenir un rendez-vous, c’est souvent s’organiser pour faire une trentaine de kilomètres. L’accès au soin croise celui au transport public, limité, et à la voiture, essentielle malgré l’augmentation du coût de la mobilité. Les aînés, les personnes isolées ou à faibles ressources sont particulièrement concernés. Les taxis conventionnés, les réseaux associatifs (comme Familles Rurales) ou les dispositifs d’accompagnement locaux réduisent partiellement les inégalités, mais la question demeure prégnante, surtout sur les petits plateaux entre deux vallées.
Le territoire est riche de solidarités discrètes. De nombreuses associations veillent à maintenir le lien avec les publics fragiles ou isolés – distribution de médicaments, visites d’écoute, ateliers mémoire ou prévention des chutes dans les mairies ou les résidences-autonomie. Les journées de dépistage itinérantes (cancer du sein, diabète, audition) témoignent d’une mobilisation locale régulière.
Malgré les difficultés, la région se distingue par un maillage d’initiatives collectives, souvent portées par les habitants eux-mêmes, les collectivités ou les professionnels.
| Indicateur | Chiffres | Source |
|---|---|---|
| Population couverte | ≈ 61 500 habitants | INSEE, 2020 |
| Densité de médecins généralistes | 100/100 000 hab. | ARS Normandie, 2023 |
| Temps moyen d’accès à un spécialiste | 30-45 min (voiture) | DREES, Atlas régional de la santé 2022 |
| Nombre de maisons de santé | 3 installées, 2 en projet | Ordre des Médecins / Communautés de Communes |
| Service d’urgence hospitalier | Présence diurne à Verneuil-sur-Avre | Centre Hospitalier |
Terre de vallées et de solidarité, le Pays d’Avre, Eure et Iton compose avec les réalités du XXIe siècle sans renier les vertus d’un soin humain, ancré, de proximité. Des cabines de télémédecine à la visite du médecin rural, des tournées d’infirmières de campagne à l’engagement municipal pour accueillir de nouveaux praticiens, le territoire tente d’équilibrer héritage et innovation.
De nombreux défis nous attendent : garantir la relève des médecins, inventer de nouveaux parcours pour les jeunes et les aînés, conjuguer santé numérique et chaleur humaine. Il ne s’agira sans doute jamais d’importer un modèle urbain, mais bien de continuer à façonner, à échelle humaine, une offre de soin vivante, attentive, accordée au rythme des villages, des saisons et de celles et ceux qui font le pays, chaque jour, entre Avre, Eure et Iton.
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