Choisir une balade d’une heure, c’est s’adapter à l’agenda de chacun, au rythme des familles, des travailleurs ou des promeneurs du soir. Nous avons retenu trois critères constants :
Les trois balades retenues ici – Évreux centre, Acquigny, Damville – offrent cette immédiateté : on arrive, on marche, on découvre. Ce sont les lieux où l’eau irrigue à la fois la mémoire et le paysage.
Le centre-ville d’Évreux, traversé par l’Iton, invite à une déambulation urbaine au contact de l’eau. Au départ du parc François Mitterrand, on longe le cours sinueux de la rivière, accompagne les jeux d’enfants et les pauses des habitués, puis on prend le passage Saint-Louis pour revenir par le chemin de halage.
L’itinéraire met en lumière la vocation médiévale d’Évreux comme ville traversière : les ponts, les vestiges de l’enceinte urbaine, les reflets de la cathédrale dans l’eau parlent, sans ostentation, d’un paysage façonné par les échanges autant que par la géographie. Ces traces invitent à relire l’histoire du fleuve domestiqué, mais jamais tout à fait soumis : l’Iton, ici canalisé, conserve le rythme doux des rivières du nord-ouest, tout en séparant et reliant les quartiers depuis plus de mille ans (Ville d’Évreux).
À quelques kilomètres au sud d’Évreux, le village d’Acquigny s’est bâti, au fil des siècles, sur la confluence entre l’Iton, la rivière Eure et le petit Ru d’Acquigny. Depuis la place de l’église, il est possible d’engager une promenade circulaire qui offre, en une heure, un aperçu de la diversité du paysage : bourg ancien, prairies humides, parcs boisés.
Le parcours est balisé et accessible même après une pluie : Acquigny, connu pour ses jardins et son microclimat lié à la réunion des eaux, offre de multiples points d’observation pour les libellules, hérons et martin-pêcheurs, notamment au retour par la prairie inondable ; une topographie vivante, modelée à la fois par la nature et par l’histoire d’un village catholique, commerçant, épris de jardins et d’ordonnancement paysager. Acquigny préserve, avec sobriété, ce visage de carrefour fluvial, documenté depuis au moins le Xe siècle (Diocèse d’Évreux).
À l’est, Damville (aujourd’hui partie de Mesnils-sur-Iton) propose une balade particulièrement adaptée aux familles ou à ceux qui souhaitent s’imprégner du lien pluriséculaire entre l’homme, le bourg et l’eau. Le circuit des étangs de Damville forme une boucle plane, partant de la place principale, longeant les anciens étangs et revenant par le cœur historique.
Les étangs sont l’héritage du travail de canalisation et d’étagement de l’Iton pour l’alimentation des moulins, certains très anciens (moulins du XIIe siècle documentés). En les longeant, on mesure l’inventivité des habitants et l’importance du moulin dans l’histoire rurale normande (Ouest France). L’atmosphère est propice à la contemplation et à l’observation des canards, cygnes et carpes.
| Localisation | Distance | Durée | Type de chemin | Points d’intérêt |
|---|---|---|---|---|
| Évreux centre | 3 km | 55 min | Ville, berges aménagées | Patrimoine médiéval, jardins, moulins |
| Acquigny | 3-3,5 km | 55 min | Bords de rivière, village | Château, confluence, prairies |
| Damville | 3 km | 55 min | Boucle plate, étangs, centre bourg | Moulins, étangs, halle |
Il existe d’autres chemins, plus secrets ou moins balisés, pour qui souhaite s’écarter – à bon escient – des circuits les plus fréquentés :
À condition de respecter les propriétés privées et de ne pas s’aventurer là où la zone est inondable sans prudence (l’Iton peut sortir de son lit lors des crues d’hiver et du printemps, ce que documentent régulièrement les bulletins vigicrue et la presse départementale comme Paris-Normandie).
Marcher une heure au bord de l’Iton, ce n’est ni “consommer” un territoire ni en faire un simple décor. C’est prendre le temps, s’offrir la possibilité de revenir, de voir les saisons changer dans le même paysage, de s’approprier autant la rivière que le pas qui l’accompagne. Ces balades sont une invitation à retrouver des repères simples : village, pont, prairie, jardin, moulin. Elles ouvrent aussi d’autres perspectives : prolonger l’exploration, soutenir les initiatives locales de préservation, ou simplement transmettre un attachement, une façon d’habiter le lieu, de l’enrichir par la diversité des regards.
Ici, le chemin ne se ferme jamais vraiment. La vallée de l’Iton, familière ou surprenante, saura accueillir celles et ceux qui emprunteront ses sentiers – pour une heure ou davantage.
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