L’expérience de la marche en automne dans le pays d’Avre, Eure et Iton repose sur plusieurs réalités sensibles :
On ignore parfois que la région compte plus de 600 km de sentiers balisés pédestres (source : Comité Départemental de Tourisme de l’Eure), dont une majorité adaptée à la marche d’automne : terre souple, ombrages, paysages ouverts.
Le val d’Avre, frontière naturelle entre l’Eure et l’Eure-et-Loir, expose une vallée escarpée et intimiste. La promenade entre Saint-Lubin-des-Joncherets et Saint-Rémy-sur-Avre, longue d’environ 9 km, permet de découvrir plusieurs typicités automnales du paysage :
Il est conseillé de partir après les pluies d’octobre pour admirer les rivières reforcées et la diversité de champignons dans les zones bocagères.
Ce parcours suit sur 12 km la vallée de l’Eure, moins encaissée qu’en amont, mais riche en boisement rivulaire et prairies pâturées. À l’automne, le tapis de feuilles de platanes, en lisière du chemin de halage, donne une ambiance proche d’une estampe. On traverse :
Les linéaires d’arbres morts, visibles à cette saison, rappellent la fragilité des grands alignements de platanes, victimes du chancre coloré — une problématique actuelle dans le Grand Ouest (réf. : INRAE). L’automne invite ainsi à regarder « le vivant », mais aussi ce qui disparaît lentement du paysage.
Peu fréquenté à cette saison, l’Iton, modeste affluent de l’Eure, serpente entre fossés et bois marécageux au sud de Bourth. Une boucle de 7 km entre le village, le Bois de la Chapelle-Rainsouin et la ferme d’Incourt permet d’observer :
En bordure de villages, les vergers familiaux livrent parfois leurs dernières pommes. L’absence d’aflux touristique en automne garantit ici une expérience authentique et paisible.
Aux portes occidentales du territoire, la forêt de Dreux (environ 3500 hectares, source : ONF) constitue un massif majeur largement accessible à pied. Son plateau argilo-siliceux donne naissance à :
Certaines allées accueillent discrètement des coupes forestières automnales. Leur présence invite à la prudence mais signale aussi les usages séculaires du bois dans la région. On y croise régulièrement des promeneurs locaux, des ramasseurs de champignons — principalement pieds-de-mouton, trompettes et cèpes pendant la première quinzaine d’octobre (réf. : Société Mycologique de Dreux).
À l’est, le secteur de Verneuil-sur-Avre présente une topographie plus ouverte, alternance de boisements, pâtures, vallons et coteaux limoneux. Deux itinéraires retiennent l’attention en automne :
En automne, la diversité botanique s’exprime par la juxtaposition de feuillus (frênes, érables), introduisant une palette plus spectaculaire que dans les zones plantées en résineux. Quelques cerfs et daims, issus d’évasions anciennes ou de parcs privés, sont parfois aperçus tôt le matin — anecdote rapportée par plusieurs habitants interrogés lors de balades collectives en 2022.
L’un des traits de l’automne dans l’Avre, l’Eure et l’Iton reste la visibilité des activités agricoles : labours d’après-moisson, ramassage des pommes de table et pressurage dans les cidreries, arrachage des betteraves et semis d’engrais verts. Partout, le passage piéton permet d’accéder à cette réalité, peu connue du grand public.
| Parcours | Distance | Type de paysage | Patrimoine présent |
|---|---|---|---|
| Boucle Saint-Lubin/ Saint-Rémy (Avre) | 9 km | Vallée encaissée, rivière, villages | Moulin, église XIe, lavoirs |
| Forêt domaniale de Dreux | Variable (5 à 15 km) | Forêt, hêtraie, layons | Carrefours historiques, charbonnières |
| Boucle Bois de la Madeleine (Verneuil) | 6 km | Bois, haies, bocage | Tour Saint-Nicolas, murs de pierre sèche |
La marche, en automne plus qu’en aucune autre saison, invite à observer la transformation continue des paysages du pays d’Avre, Eure et Iton. Les chemins offrent chaque année de nouveaux horizons selon la précocité des pluies ou la rudesse du premier gel. Balader ici, c’est apprendre que la singularité d’un territoire se lit à travers la couleur d’un sol labouré, le silence d’un sous-bois en novembre, la persistance d’un vieux chemin communal ou la vitalité retrouvée d’une rivière, fut-elle modeste.
Nombre d’habitants que nous avons rencontrés soulignent ce paradoxe : à l’automne, tout ralentit, mais tout devient plus lisible. La saison pousse à la vigilance — sur les traces laissées, sur les gestes partagés, sur la justesse de notre présence en tant qu’habitant ou marcheur de passage. C’est à cette écoute-là, patiente, que nous invitent les vallées et forêts du territoire, chaque fois différentes, chaque année un peu plus à découvrir.
© Copyright tourisme-avre-eure-iton.fr.