Avre, Eure & Iton – Terre de Découvertes

Avre, Eure & Iton – Terre de Découvertes

Marcher l’automne : itinéraires sensibles dans les vallées et forêts du Pays d’Avre, Eure & Iton

07/08/2026

Pourquoi privilégier les balades automnales dans notre région ?

L’expérience de la marche en automne dans le pays d’Avre, Eure et Iton repose sur plusieurs réalités sensibles :

  • La mosaïque de paysages : Le territoire est structuré par trois vallées principales, alternant rivières étroites, méandres, boisements d’aulnes, prairies humides et plateaux céréaliers. L’automne souligne ce contraste.
  • Une nature vivante mais nue : À la différence du printemps ou de l’été, la lisibilité des lieux s’accroît : les feuilles tombent, révélant l’architecture des arbres, les traces d’anciens moulins, les pentes, les transitions de sol.
  • Faune et patrimoine visibles : Les chevreuils sortent en clairière, les oiseaux migrateurs longent les cours d’eau, tandis que fermes, églises et lavoirs se détachent mieux, débarrassés d’une part du couvert végétal.

On ignore parfois que la région compte plus de 600 km de sentiers balisés pédestres (source : Comité Départemental de Tourisme de l’Eure), dont une majorité adaptée à la marche d’automne : terre souple, ombrages, paysages ouverts.

Balades emblématiques dans les vallées : immersion au fil de l’eau

Au bord de l’Avre : la boucle de Saint-Lubin-des-Joncherets à Saint-Rémy-sur-Avre

Le val d’Avre, frontière naturelle entre l’Eure et l’Eure-et-Loir, expose une vallée escarpée et intimiste. La promenade entre Saint-Lubin-des-Joncherets et Saint-Rémy-sur-Avre, longue d’environ 9 km, permet de découvrir plusieurs typicités automnales du paysage :

  • Les berges de l’Avre, ombragées de saules, d’aulnes et de peupliers blonds : l’eau y porte souvent des reflets mordorés en fin d’après-midi.
  • Les passages en sous-bois humides, pimentés parfois de brume ou de rosée tardive.
  • Des vestiges patrimoniaux : l’église Saint-Lubin (XIe siècle), un ancien moulin, quelques lavoirs restés en usage jusqu’aux années 1960.
  • Éléments de faune : avec un peu de silence, on peut observer martin-pêcheur ou héron cendré, communs à cette section de la vallée (source : Ligue pour la Protection des Oiseaux).

Il est conseillé de partir après les pluies d’octobre pour admirer les rivières reforcées et la diversité de champignons dans les zones bocagères.

L’Eure au rythme des platanes : de Nonancourt à Illiers-l’Evêque

Ce parcours suit sur 12 km la vallée de l’Eure, moins encaissée qu’en amont, mais riche en boisement rivulaire et prairies pâturées. À l’automne, le tapis de feuilles de platanes, en lisière du chemin de halage, donne une ambiance proche d’une estampe. On traverse :

  • Des hameaux ruraux (La Noé, Mesnil-sur-l’Estrée)
  • De petits ponts d’origine XIXe siècle
  • De vastes prés irrigués, jadis fauchés à la main, dont la gestion favorise aujourd’hui la biodiversité (source : Parc Naturel Régional du Perche).

Les linéaires d’arbres morts, visibles à cette saison, rappellent la fragilité des grands alignements de platanes, victimes du chancre coloré — une problématique actuelle dans le Grand Ouest (réf. : INRAE). L’automne invite ainsi à regarder « le vivant », mais aussi ce qui disparaît lentement du paysage.

L’Iton caché : promenade autour de Bourth et du bois de la Chapelle-Rainsouin

Peu fréquenté à cette saison, l’Iton, modeste affluent de l’Eure, serpente entre fossés et bois marécageux au sud de Bourth. Une boucle de 7 km entre le village, le Bois de la Chapelle-Rainsouin et la ferme d’Incourt permet d’observer :

  • De rares roselières en déclin, refuges de bergeronnettes et de poules d’eau
  • Des îlots de hêtres à feuilles cuivre et de chênes sénescents
  • La transition paysagère vers le Perche, perceptible dans la trame bocagère

En bordure de villages, les vergers familiaux livrent parfois leurs dernières pommes. L’absence d’aflux touristique en automne garantit ici une expérience authentique et paisible.

Forêts d’automne : immersion sous le couvert

La forêt domaniale de Dreux : entre hêtraie et chênaie

Aux portes occidentales du territoire, la forêt de Dreux (environ 3500 hectares, source : ONF) constitue un massif majeur largement accessible à pied. Son plateau argilo-siliceux donne naissance à :

  • Des hêtraies pures sur crêtes, particulièrement photogéniques de fin octobre à mi-novembre : le sol y devient presque orange, la lumière, filtrée, incite au silence.
  • Des ravins et layons traversant d’anciennes parcelles de chênes sessiles, parfois âgées de 120 à 180 ans. Quelques vestiges de charbonnières sont encore visibles en lisière.
  • Des carrefours historiques (Carrefour du Chêne Fôs, Carrefour du Pré aux Bœufs), points de repère pour les marcheurs.

Certaines allées accueillent discrètement des coupes forestières automnales. Leur présence invite à la prudence mais signale aussi les usages séculaires du bois dans la région. On y croise régulièrement des promeneurs locaux, des ramasseurs de champignons — principalement pieds-de-mouton, trompettes et cèpes pendant la première quinzaine d’octobre (réf. : Société Mycologique de Dreux).

Bois et bocages de Verneuil-sur-Avre : mosaïque de teintes et de cultures

À l’est, le secteur de Verneuil-sur-Avre présente une topographie plus ouverte, alternance de boisements, pâtures, vallons et coteaux limoneux. Deux itinéraires retiennent l’attention en automne :

  • Le circuit du Bois de la Madeleine (6 km) : parcours familial, il serpente entre noyers, érables champêtres, et recoupe plusieurs chemins ruraux issus du réseau médiéval. Panorama fréquent sur la tour de l’abbatiale Saint-Nicolas.
  • La montée vers le coteau de Montigny-sur-Avre (4 km, dénivelé modéré) : on y observe le passage de la forêt au bocage, l’évolution de sols argilo-calcaires, la présence de haies vives et d’anciens murs de pierre sèche.

En automne, la diversité botanique s’exprime par la juxtaposition de feuillus (frênes, érables), introduisant une palette plus spectaculaire que dans les zones plantées en résineux. Quelques cerfs et daims, issus d’évasions anciennes ou de parcs privés, sont parfois aperçus tôt le matin — anecdote rapportée par plusieurs habitants interrogés lors de balades collectives en 2022.

Petites routes et chemins ruraux : à la découverte du quotidien paysan

L’un des traits de l’automne dans l’Avre, l’Eure et l’Iton reste la visibilité des activités agricoles : labours d’après-moisson, ramassage des pommes de table et pressurage dans les cidreries, arrachage des betteraves et semis d’engrais verts. Partout, le passage piéton permet d’accéder à cette réalité, peu connue du grand public.

  • Entre Chandai et Bourth, le PR Chemin des Pommiers traverse petits clos, haies taillées à la main, et granges à colombages. Ici, la cueillette du dernier fruit, la tonte des brebis et les feux d’herbes offrent une respiration authentique.
  • Sur les terrasses du Thimerais, des chemins convergent vers d’anciennes mares et points d’eau qui accueillaient jadis les troupeaux lors des transhumances locales (source : Archives départementales de l’Eure).
Parcours Distance Type de paysage Patrimoine présent
Boucle Saint-Lubin/ Saint-Rémy (Avre) 9 km Vallée encaissée, rivière, villages Moulin, église XIe, lavoirs
Forêt domaniale de Dreux Variable (5 à 15 km) Forêt, hêtraie, layons Carrefours historiques, charbonnières
Boucle Bois de la Madeleine (Verneuil) 6 km Bois, haies, bocage Tour Saint-Nicolas, murs de pierre sèche

À savoir avant de partir : repères, respects et usages

  • En automne, rester attentif aux chasses en cours (surtout en forêt de Dreux : panneaux et arrêtés affichés en mairie ou à l’entrée des chemins).
  • Laisser les sentiers propres : beaucoup de circuits traversent des exploitations agricoles ou des zones sensibles (Natura 2000 dans la vallée de l’Eure).
  • Prévoir équipement adapté (sols parfois très humides, végétation haute).
  • Beaucoup d’itinéraires bénéficient de topo-guides édités par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ou les offices de tourisme locaux, consultables sur place à Verneuil, Nonancourt ou Dreux.

Quand l’automne révèle une identité : apprendre à lire le territoire

La marche, en automne plus qu’en aucune autre saison, invite à observer la transformation continue des paysages du pays d’Avre, Eure et Iton. Les chemins offrent chaque année de nouveaux horizons selon la précocité des pluies ou la rudesse du premier gel. Balader ici, c’est apprendre que la singularité d’un territoire se lit à travers la couleur d’un sol labouré, le silence d’un sous-bois en novembre, la persistance d’un vieux chemin communal ou la vitalité retrouvée d’une rivière, fut-elle modeste.

Nombre d’habitants que nous avons rencontrés soulignent ce paradoxe : à l’automne, tout ralentit, mais tout devient plus lisible. La saison pousse à la vigilance — sur les traces laissées, sur les gestes partagés, sur la justesse de notre présence en tant qu’habitant ou marcheur de passage. C’est à cette écoute-là, patiente, que nous invitent les vallées et forêts du territoire, chaque fois différentes, chaque année un peu plus à découvrir.

Pour aller plus loin

Avre, Eure & Iton – Terre de Découvertes

Réseaux Sociaux

© Copyright tourisme-avre-eure-iton.fr.